Vous aimez à boire un peu de vin ? BÉRALDE.- Non, mon frère, et je ne vois pas que pour son salut, il soit nécessaire d’y croire. Et pourquoi? TOINETTE Vivat, vivat, vivat, vivat, cent fois vivat Puisque par un bonheur personne n’est encore averti de la chose, portons-le dans son lit, et tenons cette mort cachée, jusqu’à ce que j’aie fait mon affaire. BÉRALDE.- Par cette raison-là, si votre petite était grande, vous lui donneriez en mariage un apothicaire ? Purgon est en colère : il vient d'apprendre qu'Argan ne tient plus compte de ses ordonnances et ne prend plus les remèdes qui lui sont prescrits. Monsieur, je vous demande pardon de tout mon coeur. ARGAN.- Quoi ? ARGAN TOINETTE.- Je ne le connais pas ; mais il me ressemble comme deux gouttes d’eau, et si je n’étais sûre que ma mère était honnête femme, je dirais que ce serait quelque petit frère, qu’elle m’aurait donné depuis le trépas de mon père. BÉLINE.- Va, va, cela n’en vaut pas la peine. ARGAN.- Prendre ce petit lavement-là, ce sera bientôt fait. Le malade imaginaire. TOINETTE ARGAN.- C’est bien à lui à faire de se mêler de contrôler la médecine ; voilà un bon nigaud, un bon impertinent, de se moquer des consultations et des ordonnances, de s’attaquer au corps des médecins, et d’aller mettre sur son théâtre des personnes vénérables comme ces Messieurs-là. ARGAN TOINETTE.- Adieu. ARGAN.-Tu as raison. Clysterium donare, Quelle perte est-ce que la sienne, et de quoi servait-il sur la terre ? ARGAN ARGAN.- Hoy. Je veux vous en envoyer un de ma main; et je viendrai vous voir de temps en temps, tandis que je serai en cette ville. Voilà d’abord la pauvre femme en jeu. MONSIEUR PURGON.- C’est une action exorbitante. ARGAN.- L’inquiétude que lui donne ma maladie. BÉRALDE.- Mais, mon frère, il me vient une pensée. ARGAN ARGAN Songez que les principes de votre vie sont en vous-même, et que le courroux de Monsieur Purgon est aussi peu capable de vous faire mourir, que ses remèdes de vous faire vivre. 2019 - Découvrez le tableau "Malade imaginaire" de Ju Delvienne sur Pinterest. BÉRALDE.- Oui. Edit. TOINETTE.- Ne voyez-vous pas qu’il tire à soi toute la nourriture, et qu’il empêche ce côté-là de profiter ? Souffrez, mon père, que je vous en donne ici ma parole, et que je vous embrasse, pour vous témoigner mon ressentiment. Et quod grandes et petiti TOINETTE.- Cet homme-là n’est point écrit sur mes tablettes entre les grands médecins. ARGAN.- Vous voyez, mon frère, les étranges maladies, dont il m’a menacé. Je suis médecin passager, qui vais de ville en ville, de province en province, de royaume en royaume, pour chercher d'illustres matières à ma capacité, pour trouver des malades dignes de m'occuper, capables d'exercer les grands et beaux secrets que j'ai trouvés dans la médecine. Cléante, ne parlons plus de rien. MONSIEUR PURGON.- De la lienterie, dans la dyssenterie. Ce que j’en dis n’est qu’entre nous, et j’aurais souhaité de pouvoir un peu vous tirer de l’erreur où vous êtes ; et pour vous divertir vous mener voir sur ce chapitre quelqu’une des comédies de Molière. ARGAN Je sens de temps en temps des douleurs de tête. Vous m'obligerez beaucoup. ARGAN.- Je vous entends. Mais j’entends votre fille, remettez-vous comme vous étiez, et voyons de quelle manière elle recevra votre mort. BERALDE TOINETTE Croyez-moi, faites-vous-le crever au plus tôt, vous en verrez plus clair de l’œil gauche. Toinette est la servante d’Argan. Oui. Quam bella chosa est, et bene trovata, TOINETTE.- Oui, mais ne la laissez pas longtemps dans le désespoir, car elle en pourrait bien mourir. ARGAN.- Et les soins et les peines qu’elle prend autour de moi. TOINETTE Si bonum semblatur Domino Præsidi, Il vient de mourir tout à l’heure d’une faiblesse qui lui a pris. Boni sensus atque prudentiæ, BÉRALDE.- De répondre sans nulle aigreur aux choses que je pourrai vous dire. Tant de gens omni genere. Je vois bien qu’il y a quelque amourette là-dessous, et j’ai découvert certaine entrevue secrète, qu’on ne sait pas que j’aie découverte. Medicandi, Dans Le Malade Imaginaire, Argan, un hypocondriaque, veut imposer à sa fille Angélique un mariage d’intérêt avec un jeune médecin pédant et ridicule dans le but de réduire ses frais médicaux. BÉRALDE.- Allez, Monsieur, on voit bien que vous n’avez pas accoutumé de parler à des visages. Je crois que tout au plus vous pouvez avoir vingt-six ou vingt-sept ans. MONSIEUR PURGON, ARGAN, BÉRALDE, TOINETTE. BÉRALDE.- Vous voulez bien, mon frère, que je vous demande avant toute chose, de ne vous point échauffer l’esprit dans notre conversation. Pour un homme qui mourut hier? Vobis louangeas donare, Monsieur, ne parlez point de Madame, c’est une femme sur laquelle il n’y a rien à dire ; une femme sans artifice, et qui aime Monsieur, qui l’aime... On ne peut pas dire cela. TOINETTE Dignus, dignus est entrare Je suis fâché de vous quitter si tôt; mais il faut que je me trouve à une grande consultation qui doit se faire pour un homme qui mourut hier. ANGÉLIQUE.- Oui, puisque mon oncle nous conduit. ARGAN Convenit facere. Ah! Et grandum malum au costé, Le pauvre défunt est trépassé. Je dédaigne de m’amuser à ce menu fatras de maladies ordinaires, à ces bagatelles de rhumatismes et de fluxions, à ces fiévrottes, à ces vapeurs, et à ces migraines. Quel âge croyez-vous bien que j'aie? ARGAN.- Il dit que c’est du foie, et d’autres disent que c’est de la rate. Que pour le choix d’un gendre, il ne vous faut pas suivre aveuglément la passion qui vous emporte, et qu’on doit sur cette matière s’accommoder un peu à l’inclination d’une fille, puisque c’est pour toute la vie, et que de là dépend tout le bonheur d’un mariage. Doctus Bachelierus dixit maravillas : TOINETTE.-Hon, de bonne casse est bonne. mon frère, il sait tout mon tempérament, et la manière dont il faut me gouverner. Ah! Par ma foi, voilà Toinette elle-même. Voilà bien du préambule. ARGAN, à Béline qui sort.- Je suis bien aise de voir votre amitié, et d’avoir entendu le beau panégyrique que vous avez fait de moi. De remediis aucunis Quæ remedia eticis, Dono ad interrogandum, Des lumieras au soleillo, quelle infortune ! Puissent toti anni, TOINETTE Suas ordonnancias, BÉRALDE.- Hé bien oui, mon frère, puisqu’il faut parler à cœur ouvert, c’est votre femme que je veux dire ; et non plus que l’entêtement de la médecine, je ne puis vous souffrir l’entêtement où vous êtes pour elle, et voir que vous donniez tête baissée dans tous les pièges qu’elle vous tend. ARGAN.- Oui, c’est un malavisé, et si les médecins sont sages, ils feront ce que je dis. Ce commentaire analyse la satire de la médecine dressée par Molière. Qu’on se moque ici de mes ordonnances, et qu’on a fait refus de prendre le remède que j’avais prescrit. ARGAN Va, tu es mon vrai sang, ma véritable fille, et je suis ravi d’avoir vu ton bon naturel. ARGAN ARGAN.- Mais savez-vous, mon frère, que c’est cela qui me conserve, et que Monsieur Purgon dit que je succomberais, s’il était seulement trois jours, sans prendre soin de moi ? CLÉANTE, à Angélique.- Y consentez-vous ? Je sens parfois des lassitudes par tous les membres. Oui; mais j'ai besoin de mon bras. Mais si maladia Read this book using Google Play Books app on your PC, android, iOS devices. Et, le soir, de petits pruneaux pour lâcher le ventre. ARGAN Étendez-vous là seulement. Mais ce n’est pas la première fois qu’on a vu de ces sortes de choses, et les histoires ne sont pleines que de ces jeux de la nature. Quel danger y aurait-il ? N’en parlons point, et revenons à votre fille. ARGAN A nos bene conservare ARGAN.- Eh ! Novus doctor, qui tam bene parlat, TOINETTE.- Vous ne trouverez pas mauvaise, s’il vous plaît, la curiosité que j’ai eue de voir un illustre malade comme vous êtes, et votre réputation qui s’étend partout, peut excuser la liberté que j’ai prise. ARGAN J'aime bien mieux qu'il ne se porte pas si bien. quelle atteinte cruelle ! BÉRALDE.- Oui. ARGAN Quel âge croyez-vous bien que j'aie? TOINETTE quitte son habit de médecin si promptement qu’il est difficile de croire que ce soit elle qui a paru en médecin.-. Le poumon. Ignorant! TOINETTE MONSIEUR PURGON.- Un crime de lèse-Faculté, qui ne se peut assez punir. Il vous prend un petit sommeil après le repas, et vous êtes bien aise de dormir? Qui hic assemblati estis ; Consultationibus Adieu. TOINETTE.- Il faut donc que les oreilles m’aient corné. Personne ne sait encore cet accident-là, et je me suis trouvée ici toute seule. 2.Argan est tout penaud et très effrayé par les menaces de M. Purgon. Du veau. Pour Argan, une robe de chambre. Votre médecin est une bête. Mais, comme nous n’avons personne en main pour cela, j’ai résolu de jouer un tour de ma tête. Il y aura plaisir à confondre votre frère. je suis mort. Rendam gratiam corpori tam docto, In nostro docto corpore. Je veux des maladies d’importance, de bonnes fièvres continues, avec des transports au cerveau, de bonnes fièvres pourprées, de bonnes pestes, de bonnes hydropisies formées, de bonnes pleurésies, avec des inflammations de poitrine, c’est là que je me plais, c’est là que je triomphe ; et je voudrais, Monsieur, que vous eussiez toutes les maladies que je viens de dire, que vous fussiez abandonné de tous les médecins, désespéré, à l’agonie, pour vous montrer l’excellence de mes remèdes, et l’envie que j’aurais de vous rendre service. TOINETTE Ditte hydropisia Oui: pour aviser et voir ce qu'il aurait fallu lui faire pour le guérir. BÉRALDE.- Hé bien, mon frère, quand il y aurait quelque petite inclination, cela serait-il si criminel, et rien peut-il vous offenser, quand tout ne va qu’à des choses honnêtes, comme le mariage ? II Une scène comique Toinette ruse : elle se fait passer pour un médecin pour mieux tromper Argan qui ne la reconnaît pas. En moi satis admirari, Ignorantus, ignoranta, Ignorantum. BÉRALDE.- Hé bien, mon frère, qu’en dites-vous ? Voici notre homme. Et assistantes illustres, Ressemblance que son frère approuve car il a compris le jeu de Toinette et ne veut pas éveiller les soupçons d’Argan. Domandabo tibi, docte Bacheliere, Il semble à vous entendre, que Monsieur Purgon tienne dans ses mains le filet de vos jours, et que d’autorité suprême il vous l’allonge, et vous le raccourcisse comme il lui plaît. Doctissimæ Facultati ARGAN.- Ah ! Aut mauvaiso ? cause de sa maladie (Quand Toinette, déguisée en médecin cite, comme organe malade ? Tenez, mon frère, ne parlons point de cet homme-là davantage, car cela m’échauffe la bile, et vous me donneriez mon mal. MONSIEUR PURGON.- Que je ne veux plus d’alliance avec vous. Je vous suis obligé, monsieur, des bontés que vous avez pour moi. TOINETTE.- Allons, allons, je suis votre servante, je n’ai pas envie de rire. ARGAN Has plaças honorabiles. Jusqu’au revoir. ARGAN.- Monsieur Fleurant, à ce soir, ou à demain au matin. On pense qu’il l’a écrite ? ARGAN.- Je n’en puis plus. ARGAN.- Vous savez que les malades ne reconduisent point. Mais quand vous en venez à la vérité, et à l’expérience, vous ne trouvez rien de tout cela, et il en est comme de ces beaux songes, qui ne vous laissent au réveil que le déplaisir de les avoir crus. N’aie point de peur, je ne suis pas mort. Argan l’appelle « carogne », « traîtresse », « coquine », « ignorante » et « chienne », plusieurs fois. hélas ! Doctissimæ Facultatis, Le Malade imaginaire, dernière œuvre dramatique écrite par Molière, est une comédie-ballet en trois actes et en prose, créée le 10 février 1673 par la Troupe du Roi sur la scène du Palais-Royal à Paris, avec une musique de scène composée par Marc-Antoine Charpentier et … Imprimant ressentimenta In nostro docto corpore, Vivat, vivat, vivat, vivat, cent fois vivat. ARGAN.- Un peu de patience, mon frère, je vais revenir. Scène 10, acte III, Le Malade imaginaire Argan est un malade imaginaire qui fait défiler chez lui, à longueur de journées, des médecins pour se faire soigner. BÉRALDE.- Il est vrai que la ressemblance est tout à fait grande. Et tanti docti Doctores, BÉRALDE.- Bien loin de la tenir véritable, je la trouve entre nous, une des plus grandes folies qui soit parmi les hommes ; et à regarder les choses en philosophe, je ne vois point de plus plaisante momerie ; je ne vois rien de plus ridicule, qu’un homme qui se veut mêler d’en guérir un autre. Je veux des maladies d'importance, de bonnes fièvres continues, avec des transports au cerveau, de bonnes fièvres pourprées, de bonnes pestes, de bonnes hydropisies formées, de bonnes pleurésies avec des inflammations de poitrine: c'est là que je me plais, c'est là que je triomphe; et je voudrais, monsieur, que vous eussiez toutes les maladies que je viens Learn vocabulary, terms, and more with flashcards, games, and other study tools. BÉRALDE.- Encore ! TOINETTE.- Ah, ah, le défunt n’est pas mort. ARGAN.- Par ma foi voilà un beau jeune vieillard pour quatre-vingt-dix ans. Doctissimam Facultatem, ARGAN.- Vous me feriez enrager. MONSIEUR PURGON.- Voilà une hardiesse bien grande, une étrange rébellion d’un malade contre son médecin. L’on n’a qu’à parler ; avec une robe, et un bonnet, tout galimatias devient savant, et toute sottise devient raison. Ah! ARGAN.- Viens. Voir plus d'idées sur le thème le malade imaginaire, vieille publicité, affiches publicitaires vintages. en corps 11 En quelques mots Argan, le « malade imaginaire », entend marier sa fille Angélique, qui aime Cléante, à Thomas Diafoirus afin de disposer d’un médecin à demeure. MONSIEUR PURGON.- J’allais nettoyer votre corps, et en évacuer entièrement les mauvaises humeurs. Il vous prend un petit sommeil après le repas, et vous êtes bien aise de dormir? ARGAN TOINETTE 19 sept. 2020 - Dans l'acte III scène 10, Toinette déguisée en médecin ausculte Argan, le malade imaginaire. J'ai quelquefois des maux de coeur. TOINETTE Tous les grands médecins sont comme cela. BÉRALDE.- Mon Dieu, mon frère, ce sont pures idées, dont nous aimons à nous repaître ; et de tout temps il s’est glissé parmi les hommes de belles imaginations que nous venons à croire, parce qu’elles nous flattent, et qu’il serait à souhaiter qu’elles fussent véritables. ARGAN.- Ah ! Chirurgiani et apothicari, TOINETTE.- Ah ! Ignorant! Toinette déguisée en médecin DRAFT. Per totam terram videmus Et nostris ordonnanciis Molière est, avec Corneille et Racine, considéré l’un des plus grands dramaturges français du XVIIe siècle. Natura et pater meus ARGAN Mille, mille annis et manget et bibat, Le carnaval autorise cela. BÉRALDE.- Mais, ma nièce, ce n’est pas tant le jouer, que s’accommoder à ses fantaisies. BÉRALDE, sortant de l’endroit où il était caché.- Hé bien, mon frère, vous le voyez. Déguisée en médecin, Toinette continue à manifester sa virtuosité et sa clairvoyance (III, 10) dans un jeu pleinement conscient … Nous y pouvons aussi prendre chacun un personnage, et nous donner ainsi la comédie les uns aux autres. TOINETTE.- Le poumon. TOINETTE.- Oui. ARGAN.- C’est mon frère qui a fait tout le mal. Pour cette dernière pièce Jean-Baptiste Poquelin alias Molière met en scène une petite dizaine de personnages : BÉRALDE.- C’est une marque de la faiblesse humaine, et non pas de la vérité de leur art.

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